Teniloc
Juridique 12 mai 2026 9 min de lecture

Réglementation des meublés de tourisme en 2026 : ce qui a changé avec la loi Le Meur

Numéro d'enregistrement, limite des 120 jours, changement d'usage, DPE, quotas locaux : le point complet sur la réglementation de la location saisonnière en 2026.

En bref

Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, toutes les communes peuvent exiger l'enregistrement des meublés de tourisme, abaisser le plafond de location d'une résidence principale de 120 à 90 jours, imposer des quotas, et le DPE devient progressivement obligatoire pour les nouveaux meublés en zone tendue. Les abattements fiscaux du micro-BIC ont été réduits (30 % pour les meublés non classés, plafond 15 000 € ; 50 % pour les classés, plafond 77 700 €). Les grandes villes touristiques (Paris, Saint-Malo, Pays basque, Annecy, Nice) appliquent en plus un changement d'usage avec compensation ou quotas. Avant de louer : vérifier la règle locale en mairie, s'enregistrer, tenir la taxe de séjour et une comptabilité propre.

AM

Alexandre Michallat

Fondateur de Teniloc

La location saisonnière reste parfaitement légale et rentable en France - mais le cadre s'est nettement durci depuis la loi « Le Meur » du 19 novembre 2024. Voici la carte complète des règles à respecter en 2026, du numéro d'enregistrement au DPE, avec les spécificités des grandes villes touristiques.

Le socle national : déclaration et enregistrement

Un meublé de tourisme est un logement meublé loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile (séjours à la nuitée, à la semaine ou au mois). Avant de louer :

  • Résidence principale : location possible sans autorisation dans la limite d'un plafond annuel - 120 jours par défaut, que les communes peuvent désormais abaisser jusqu'à 90 jours (loi Le Meur).
  • Résidence secondaire : déclaration en mairie obligatoire, et dans les communes qui l'ont instauré, autorisation de changement d'usage préalable.
  • Numéro d'enregistrement : la loi Le Meur généralise l'enregistrement de tous les meublés via un téléservice national. Le numéro doit figurer sur chaque annonce.

Le classement en meublé de tourisme classé (1 à 5 étoiles) reste volontaire : il conditionne l'abattement fiscal majoré et certains barèmes de taxe de séjour.

Ce que la loi Le Meur a changé

Votée le 19 novembre 2024, la loi « visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme » donne aux maires une boîte à outils complète :

MesureAvantDepuis la loi Le Meur
Plafond résidence principale120 jours partoutAbaissable à 90 jours par la commune
EnregistrementCommunes volontairesGénéralisable partout, téléservice national
Quotas de meublésExpérimentations localesPossibles dans le PLU (zones réservées à la résidence principale)
DPENon exigéExigence progressive en zone tendue pour les nouveaux meublés autorisés
Micro-BIC non classéAbattement 50 %, plafond 77 700 €Abattement 30 %, plafond 15 000 €
Micro-BIC classéAbattement 71 %, plafond 188 700 €Abattement 50 %, plafond 77 700 €

Le volet fiscal est celui qui touche tout le monde, partout : pour beaucoup de loueurs non classés, le régime réel devient plus intéressant que le micro-BIC - à condition de tenir une vraie comptabilité (voir notre guide fiscalité LMNP 2026).

Les règles locales des grandes villes touristiques

Chaque marché a sa mécanique - voici les plus structurantes :

  • Paris : 120 jours en résidence principale (baisse à 90 étudiée), enregistrement obligatoire, changement d'usage avec compensation stricte pour les résidences secondaires, contrôles et amendes actifs.
  • Saint-Malo : pionnière des quotas par zone depuis 2021 - le nombre d'autorisations est plafonné, l'Intra-Muros étant le plus contingenté.
  • Pays basque (Biarritz, Bayonne…) : compensation la plus stricte de France depuis 2023 - louer une résidence secondaire exige de créer un logement à l'année en contrepartie.
  • Annecy : autorisations de changement d'usage contingentées par secteur depuis 2023.
  • Nice, Marseille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Nantes, Lille : enregistrement + changement d'usage avec compensation dans les zones tendues, à des degrés divers.
Règle d'or : la réglementation applicable est celle de la commune du bien, pas une moyenne nationale. Un appel à la mairie avant la mise en location évite des amendes à cinq chiffres.

Taxe de séjour : collecte et reversement

La taxe de séjour est due par le voyageur et collectée par l'hébergeur (ou par la plateforme pour les réservations qu'elle encaisse). Pour les réservations en direct, c'est à vous de la collecter, de produire les bordereaux de déclaration et de la reverser à la collectivité aux échéances fixées. Les barèmes varient par commune et par catégorie de classement - et le « au réel » des non classés (pourcentage du prix de la nuitée, plafonné) rend le calcul séjour par séjour indispensable. C'est précisément ce que la comptabilité Teniloc automatise : calcul par séjour, bordereaux, suivi du reversement.

Checklist de conformité 2026

  • ✅ Statut du bien clarifié (résidence principale / secondaire) et règle locale vérifiée en mairie
  • ✅ Déclaration faite et numéro d'enregistrement affiché sur toutes les annonces
  • ✅ Autorisation de changement d'usage obtenue si exigée (compensation / quota)
  • ✅ Plafond de jours suivi pour une résidence principale (120 ou 90 selon la commune)
  • ✅ Taxe de séjour calculée, collectée et reversée avec bordereaux
  • ✅ DPE anticipé si le bien est en zone tendue
  • ✅ Régime fiscal choisi en connaissance de cause (micro-BIC réduit vs réel)
  • ✅ Assurance adaptée à la location courte durée (PNO + clause meublé touristique)

Tenir tout ça sans y passer ses soirées

La conformité est d'abord une affaire de tenue : registre des séjours, plafonds suivis, taxe calculée, comptabilité par bien. Teniloc consigne le numéro d'enregistrement de chaque bien, calcule la taxe de séjour séjour par séjour, produit les bordereaux et tient la comptabilité que le régime réel exige - dès 30 €/mois pour un bien, avec un mois d'essai gratuit.

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Questions fréquentes

Le numéro d'enregistrement est-il obligatoire partout en 2026 ?

La loi Le Meur généralise la possibilité pour toutes les communes d'exiger la déclaration avec enregistrement, et un téléservice national est déployé. Dans les faits, toutes les zones touristiques et tendues l'exigent déjà. Le numéro doit figurer sur chaque annonce ; son absence expose à des amendes. Vérifiez systématiquement auprès de la mairie de la commune du bien.

Puis-je toujours louer ma résidence principale 120 jours par an ?

Le plafond national reste 120 jours par an pour une résidence principale, mais la loi Le Meur permet aux communes de l'abaisser jusqu'à 90 jours. Paris et plusieurs villes tendues étudient ou appliquent cette baisse. Au-delà du plafond, le logement doit être déclaré autrement et peut relever du changement d'usage.

Qu'est-ce que le changement d'usage avec compensation ?

Dans les communes qui l'ont instauré (Paris, Lyon, Bordeaux, Nice, le Pays basque…), transformer une résidence secondaire en meublé de tourisme exige une autorisation de changement d'usage. La compensation impose de transformer en logement une surface équivalente (parfois double) - ce qui rend l'autorisation rare et chère. Saint-Malo et Annecy fonctionnent par quotas d'autorisations par zone.

Le DPE est-il obligatoire pour louer en saisonnier ?

La loi Le Meur introduit une exigence progressive de performance énergétique pour les meublés de tourisme en zone tendue : les nouveaux meublés soumis à autorisation de changement d'usage doivent présenter un DPE décent (calendrier progressif jusqu'à 2034, aligné sur la location classique). Les résidences principales louées occasionnellement ne sont pas concernées au même titre. Anticipez : un bien F ou G verra sa fenêtre d'exploitation se refermer.

Quels sont les risques si je loue sans respecter les règles ?

Selon les manquements : amendes civiles pour défaut d'enregistrement ou dépassement du plafond de jours, amendes plus lourdes pour changement d'usage non autorisé (jusqu'à 50 000 € par logement et astreinte), redressements sur la taxe de séjour non reversée, et requalifications fiscales. Les grandes villes croisent désormais les données des plateformes avec leurs registres.

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